Halte à la culpabilité !

"Longtemps je me suis remis(e) en question, j'ai douté sur le bien fondé de ma décision. Je me suis accusé(e), je me suis senti(e) coupable de ne pas avoir été un "bon" parent. De ne pas avoir vu ou su quelle décision prendre. Seul(e) avec mes doutes, la culpabilité à commencé à me ronger." 

 

Alors j'ai pris conscience que j'avais le choix : soit de faire quelque chose pour m'aider, soit de me laisser aller à des sentiments puissants de culpabilité. 

 

Cette décision m'appartenait entièrement. Mon propre sort était entre mes mains. 

 

Et si j'allais à la rencontre de ma propre culpabilité ? 

Qui n'a jamais ressenti de culpabilité ?

Questionnez les personnes autour de vous et vous vous rendrez vite compte que tout le monde a déjà, un jour, ressenti de la culpabilité. 

Nous la ressentons bien souvent sans la connaître ou la comprendre. Quelles est sa nature ? S'agit-il d'émotions ou de sentiments ? Quels en sont les causes ou les déclencheurs ? 

Le rôle des émotions

"Emotion" vient du latin "emovere" qui signifie "mettre en mouvement". Il s'agit donc d'une adaptation physique ou psychique à une situation. 

Avez-vous remarqué que l'on se souvient plus souvent des émotions fortes comme la peur intense par exemple ?

Cette émotion nous place dans un mode "survie", notre corps est prêt à se battre ou à fuir dès qu'il se sent menacé. 


Nous sommes des êtres émotionnels mais bien souvent dénués de connaissances émotionnelles : comme si nous n'avions pas le mode d'emploi de notre propre fonctionnement. 

 

Et reconnaissons que la plupart de nos décisions sont prises sous le coup de l'émotion. Combien de fois une colère éclate après un énervement soudain ? Une fatigue intense ? Un ras le bol généralisé ? 

 

Nous subissons des états affectifs plutôt que nous n'en tirons parti ! Tel un navire perdu dans la tempête en pleine mer, nous agissons, nous réagissons... sans pour autant réfléchir et utiliser ses connaissances pour ne pas chavirer. 

 

Ce qu'il nous manque très souvent ce sont les mots pour décrire nos émotions. Le vocabulaire que nous utilisons est trop souvent vague et imprécis. 

Or, avec l'utilisation d'un vocabulaire adéquat, où chaque chose est désignée avec un mot, nous permet d'avoir une prise de conscience sur nos émotions. 

 

Commençons par différencier l'émotion du sentiment :

Les émotions sont nos réactions qui bouleversent généralement notre corps mais également notre esprit. Nous ressentons des battements de coeur plus forts, des sueurs, un rythme respiratoire qui s'accélère, la chair de poule...

C'est la perception de ces modifications corporelles qui constitue la base de notre ressenti. Notre esprit est alors mis à contribution. "Je suis bien = J'aime", "Je ne suis pas bien = Je n'aime pas". Le cerveau perçoit les modifications du corps et leur attribue les notions "d'agréable ou pas". 

Le côté psychique d'une émotion est alors très important. 

 

L'émotion est  passagère mais nous avons tous fait l'expérience d'états affectifs plus long. C'est alors que le sentiment intervient. C'est un état affectif complexe qui persiste dans le temps même en l'absence de stimulus. L'amour est souvent cité :"J'ai des sentiments pour toi" par exemple. 

La culpabilité, elle se décline autant sur le mode émotionnel que sentimental.

 

Lorsque vous éclatez de rage en disputant votre enfant, à peine la colère retombée que vous pouvez ressentir de la culpabilité.

L'émotion peut être la pointe de l'iceberg dont la partie sous l'eau cacherait un sentiment plus profond, installé durablement. 

La cause de l'émotion est souvent à rechercher au fond de soi alors que le déclencheur est très souvent extérieur. 

Un sentiment de culpabilité peut nous habiter en permanence, même si nous ne nous en rendons parfois pas compte. Ce sont bien souvent nos pensées qui déterminent nos ressentis. 

L'origine de la culpabilité repose souvent sur une faute qu'on estime avoir commise : "J'ai mal fait...". Or la notion de faute peut avoir un côté objectif : "Il s'est passé..." mais également subjectif : "Je n'ai pas réussi à". 

C'est justement le côté subjectif de la faute qui permet à la culpabilité de se répandre en notre esprit. 

 

La notion de faute est aussi subtile car elle renvoie à des codes sociaux, des règles, des textes de loi...

La culpabilité, elle, s'accompagne de ressentis désagréables bien souvent en réaction à une "faute" que l'on a commise ou que nous croyons avoir commis. 

Elle allume le voyant rouge de notre conscience. Et celui qui a fauté... doit être puni ! Contre toute attente, il peut y avoir un intérêt à se punir soi-même. La punition est dans presque tous les modèles éducatifs. Les comportements souhaités seront encouragés et ceux réprimés seront punis. Nous sommes alors persuadés qu'une faute doit déboucher sur une punition. C'est le fondement de notre justice. 

 

Que regrettons-nous ?

Pour nous débarrasser de notre culpabilité, regardons ce qui nous fait souffrir. 

Soyons réalistes et objectifs : "Pouvions-nous faire autrement ?" Remettons les éléments dans la réalité du passé. Faisons une différence entre "Nous sentir coupable" et "Etre coupable". 

Arrêtons de réinventer l'histoire

"Si j'avais su..." 

Posons-nous les questions : "Avons-nous encore des regrets ? Que pouvons-nous ou souhaitons-nous changer pour ne plus la ressentir ? Comment relativiser et accepter l'histoire telle qu'elle est ?" 

Dites "Au revoir" aux pensées négatives 

Ecrivez une lettre dans laquelle vous relaterez toutes vos pensées, vos souvenirs, vos sensations, vos ressentis... puis déchirez-là et jettez-là à la poubelle. 

Eloignez-vous des personnes qui vous culpabilisent 

Certaines personnes peuvent vous faire sentir coupables sans forcément de raison. Ne les autorisez pas à vous attaquer, vous faire douter. N'écoutez pas leurs paroles et stoppez-les dans leurs discours. 

 

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