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Difficultés d'endormissement et réveils nocturnes : que faire ?

 

FAITES LE POINT :

 

Se poser quelques questions :

-       l’enfant est-il en déficit de sommeil : siestes trop courtes et irrégulières à la crèche, siestes trop tardives, coucher trop tard le soir, lever trop tôt.

-       Comment se passe le coucher et les conditions d’endormissement

-       L’enfant a t’il des craintes, peurs, angoisses …

 

Accepter la séparation :

1. se sentir aimé et pouvoir garder la sensation d’amour de soi pendant toute la durée de la séparation.

Etre à l’écoute des besoins de son enfant dès sa naissance aide à se sentir aimé.

L’enfant a besoin d’attention, de tendresse, de câlins.

 

2. se sentir en sécurité pour pouvoir rester seul : instaurer des règles et poser des limites. Même si ces règles sont frustrantes, le tout petit a besoin d’être guidé, qu’on lui dise ce qui est bon ou pas pour lui.

 

3. S’appuyer sur des rituels et des routines : pour permettre à l’enfant de donner un sens à ce qui l’entoure. L’enfant se sent profondément sécurisé par la routine qui lui apporte une régularité et une confiance. Les évènements se suivent dans un ordre prévu et régulier, il peut prédire l’étape suivante. Ce sont des points de repères qui balisent le cheminement de l’enfant. Exemple de routine : ramener le calme, ranger la chambre, ne pas laisser l’enfant s’exciter par un excès de fatigue, ne pas mettre son enfant dans le lit avec des cris (il pensera à une punition), prévenez que l’heure approche, l’eau chaude peut le détendre, le brossage des dents permet de comprendre qu’il ne mangera plus après, la lecture d’une histoire (avec une limite du nombre fixée à l’avance), la lecture de la même histoire chaque soir (les enfants adorent les routines immuables et rassurantes), le câlin tranquille en écoutant une musique douce,  un moment de mots doux, de confidences, le coucher des peluches, et de l’enfant avec une petite veilleuse ou porte entre-ouverte. Il peut encore lire un livre seul ou manipuler un petit objet silencieusement. « C’est l’heure de dormir, si tu restes calme, je reviens te faire un bisou dans 10 minutes » peut aussi rassurer l’enfant qui dit qu’il n’a pas sommeil. Essayer de ne pas lui donner la main pour l’endormir, il apprend ainsi à se rendormir seul la nuit.

Si l’enfant proteste, vous pouvez céder à un rituel supplémentaire mais lui dire aussi sur un ton plus ferme : encore un baiser mais c’est le dernier, après je ne reviendrai plus, on se fera plein de bisous demain.

 

4. Donner l’image d’un monde stable : éviter la télévision, le journal télévisé, les conflits entre les parents devant l’enfant. Ce dernier est très sensible à l’ambiance qui l’entoure.

 

5. Avoir fait le plein de parents et d’échanges

L’enfant a besoin de passer du temps avec ses parents, un moment de jeu, bavardage, lecture…Il a besoin de se détendre et de faire le plein de ses parents avant de pouvoir s’en séparer.

 

6. Avoir un niveau d’autonomie suffisant : c’est un processus progressif. Laisser l’enfant faire les choses dans la journée, ne pas tout faire à sa place. Chaque enfant a un potentiel supérieur à ce que nous imaginons. Si les parents répondent à chaque appel de leur enfant, de jour comme de nuit, ils confirment implicitement qu’il est trop petit pour se débrouiller tout seul et qu’il ne peut pas se passer d’eux. Jouer à cache-cache : on peut se séparer en s’amusant avec la certitude de se retrouver.

 

7. Avoir une image positive du lit et du sommeil : un lit accueillant et accessible. Dans la journée, lorsque l’enfant éprouve de la fatigue, il peut reprendre des forces en s’allongeant quelques minutes avant de repartir vers de nouvelles aventures. Un lieu où ses doudous l’attendent, un cocon rassurant.

Les parents peuvent aussi dire qu’ils aiment aller se reposer après une longue journée de travail : chic je vais pouvoir aller me coucher de bonne heure ! Cette nuit j’ai fait un rêve fantastique… l’enfant comprend que dormir est un moment de bonheur. Montrer également que tout le monde dort (grands, petits, animaux, voisins, copains). Expliquer le rôle du sommeil (le cerveau reste actif même si on ne s’en rend pas compte, on grandit, on retient ce que l’on appris dans la journée)

 

8. Avoir une attitude faite d’un mélange de gentillesse et de fermeté lorsqu’elle est nécessaire.

 

9. On ne peut pas obliger un enfant à dormir, mais lui demander d’être dans son lit, calme quand arrive « l’heure des parents ».

 

Se mettre au lit :

 

Comment repérer le moment de coucher l’enfant :

 

1. Fixer l’heure du coucher en fonction de certains signes :

-       sensation de fatigue, ralentissement de l’activité

-       bâillement

-       frotter les yeux

-       l’enfant cherche son doudou, sa tétine ou vos bras

Si l’enfant refuse de se coucher, il va compenser sa lassitude en s’excitant davantage.

Il est plus facile de d’endormir l’enfant avec des horaires de coucher réguliers.

 

2. Accompagner l’enfant au lit avec douceur. Une petite routine de 10 à 15 minutes suffit en général. Trouver une activité calme, baisser l’intensité lumineuse, chanter une berceuse…

 

3. Expliquer qu’il est l’heure de se mettre dans son petit lit avec son doudou, sa tétine, allumer la boîte à musique et murmurer une phrase magique dans l’oreille de l’enfant : tu peux dormir maintenant, tout va bien, papa et maman sont là, à demain, dors bien ».

 

4. Enfin, sur un dernier bisou sortir de la chambre. Certains petits ont besoins de bouger ou pleurer un peu un moment avant de s’endormir. Sortir de la chambre d’un pas décidé.

 

 

Que faire s’il appelle ses parents ?

 

Se poser quelques questions :

-       Est-il bien installé ? A-t-il besoin de quelque chose ? Le temps de l’échange s’est-il bien passé ?

-       Est-ce que j’ai donné de bonnes habitudes de sommeil (mise au lit à l’heure prévu, sans dépendance d’une présence, d’un geste)

-       Est-ce que je lui fais confiance pour se débrouiller seul la nuit ?

-       Est-ce que l’enfant veut jouer les prolongations et profite de ma patience ?

-       Est-ce qu’il a fait une sieste (trop longue, courte, trop tard… pas de sieste)

-       Est-ce que je respecte son sommeil tous les soirs (même lorsque je vais au restaurant, je suis en sortie)

-       Est-ce que je lui ai laissé le temps de trouver seul la manière de s’endormir ? Sauf s’il vous semble indispensable d’intervenir.

-       Le lit n’a jamais été une menace ? une punition ?

-       En vacances, maintenir les horaires, ne pas oublier les doudous et rituels. De retour à la maison reprendre les routines.

 

 

Réveils trop tôt ?

 

Faites semblant de dormir, si vous n’avez pas entendu, il y a peut-être une chance pour qu’il se rendorme.

Préparez près de lui un panier avec des jouets qu’il n’a pas vu depuis longtemps, un vieux paquet de carte à jouer, un petit livre…

Prévenez le qu’il ne vous appelle pas avant le levé du jour (en hiver) ou tant que vous ne venez pas dans sa chambre par exemple.

Autorisez une fin de nuit avec vous, mais l’enfant doit se rendormir ou rester calme.

Installez un radio réveil pour les plus grands avec une sonnerie qui indiquera l’heure du lever.

 

 

La sieste :

Il est faux de penser que dormir l’après-midi empêche de dormir le soir. Faire la sieste évite l’accumulation de tension et de fatigue nerveuse. Elle évite le déficit en sommeil profond. Elle doit se faire le plus tôt après le déjeuner et ne pas durer plus de deux à trois heures. L’enfant doit pouvoir se dépenser ensuite. Elle ne se terminera bien avant 17 heures. L’arrêt de la sieste (entre 3 et 5 ans) doit se faire progressivement. Il peut s’allonger, se reposer sans forcément dormir. S’il dort 11 heures par nuit, d’un bon sommeil, il peut se passer de la sieste. Il peut écouter une musique ou une boite à histoire, regarder un livre…

 

Les troubles du sommeil : ce qui est appris peut être désappris

-       par des renforcements positifs tout au long de la journée : complimenter de manière factuelle et précise toutes les petites actions de l’enfant. Même si l’enfant vient de se relever ne remarquer que le positif : « Tu es resté 10 minutes dans ton lit sans te relever », « Tu demandes maintenant lorsque tu veux que je vienne, j’apprécie de ne plus t’entendre crier », « Cette nuit, tu ne t’es réveillé que deux fois au lieu de trois, c’est un progrès, nous avons tous passé une meilleure nuit et nous sommes en forme ce matin ».

-        Ajouter une qualité pour augmenter sa confiance en lui :

-       une discussion pour préparer l’enfant à ce que l’on attend de lui

-       la colère et la punition n’aident pas à l’endormissement

-       cesser les habitudes stressantes : journées astreignantes, ambiance tendue, en demander trop à l’enfant (qu’il soit meilleur, qu’il grandisse vite, qu’il soit raisonnable), notre impatience (l’enfant a besoin de temps pour comprendre, pour réagir, pour changer d’activité)

-       se relaxer, rire, prendre le temps de rêver, de se défouler

-       éviter les écrans

-       faire confiance à son enfant, ne pas penser : tu as raison, c’est dangereux de se retrouver seul la nuit, je reste à tes côtés le plus longtemps possible… cela conforte les angoisses au lieu de les apaiser. « Maintenant, ça suffit, ce n’est pas possible à cette heure là » peut aussi soulager l’enfant et développer sa sécurité intérieure.

 

 

10 jours avant de débuter : récolter des données objectives et suivre les progrès

 

Faire un agenda du sommeil, noter les heures du coucher, du lever, les moments de cris, de réveils nocturnes, les heures de repas

Calculer le nombre d’heures et observer le rythme de l’enfant

 

Développer l’autonomie de l’enfant le jour. Lui laisser de petites responsabilités, renforcer l’estime de lui-même et développer sa sécurité intérieure. Evoluer dans un monde stable et prévisible. Chaque séparation est faite avec une promesse de retour.

 

Etre cohérent avec ce que l’on dit : c’est la dernière fois que je viens et tenir sa promesse. Adopter une attitude déterminée, la période de transition n’est pas facile mais revenir en arrière est pire que de n’avoir rien tenté.

 

Décourager les rappels : allez y une seule fois rapidement et dite « c’est l’heure du lit, maintenant tout va bien, dodo » ne discutez pas, ne vous mettez pas en colère, ne sympathisez pas non plus.

 

Toujours prévenir l’enfant de ce que l’on attend de lui : le préparer avant de partir : « Une histoire, un câlin, un bisous, un je t’aime et à demain matin ». Afin de s’assurer qu’il ait bien compris, l’enfant peut dire avec ses propres mots la formule.

 

 

4 clefs pour retrouver un bon cycle de sommeil

1/ Quand il pleure au milieu de la nuit, venir le voir et lui expliquer gentiment qu’il n’est pas encore l’heure de se lever, qu’il est encore fatigué et qu’il doit encore dormir, avant de sortir de la chambre 

2/ S’il pleure à nouveau, faire la différence entre les pleurs basiques et les pleurs intenses (ceux qui expriment la détresse de l’enfant) : si ce sont des pleurs basiques, le laisser pleurer, c’est sa façon à lui de chercher le sommeil. En revanche si ce sont des pleurs intenses, ou si les pleurs basiques se transforment en pleurs intenses, cela signifie que le bébé ne saura pas se calmer seul et qu’il a besoin d’être rassuré : le prendre dans les bras, lui expliquer à nouveau qu’il doit trouver le sommeil, que l’on veille sur lui mais qu’il doit encore se reposer, le reposer dans son lit et ressortir. Répéter l’opération jusqu’à ce qu’il se rendorme.

3/ Garder à l’esprit que « le train du sommeil » passe toutes les 30 minutes : il est donc normal que l’enfant ne se rendorme pas immédiatement, il doit rattraper un cycle du sommeil qui va arriver.

4/ Faire les bonnes associations au moment du rituel d’endormissement. Il est préférable de donner le dernier biberon dans le salon puis de coucher l’enfant dans son lit. Le contexte d’endormissement influence sa capacité à se rendormir seul lors des réveils nocturnes : lors de ses réveils à 4h du matin, l’enfant réclame un biberon non pas parce qu’il avait faim, mais uniquement parce qu’il a intégré la logique « biberon = dodo ». On peut simplement changer cette association en lui donnant son lait hors de sa zone d’endormissement.

 

N'hésitez pas à me laisser un commentaire. 
Marie

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Commentaires: 3
  • #1

    Sophie (mercredi, 02 janvier 2019 09:33)

    Merci pour votre article, j’arrive à bannir le biberon plusieurs fois par nuit et Alice se couche après 2-3 tentatives mais avec des consignes claires et du réconfort on y arrive à peu près...

  • #2

    Jessica (mercredi, 02 janvier 2019 09:36)

    Nous sommes rentrés de vacances mais notre fille est en ce moment hyper capricieuse et nous fait tourner en bourrique, elle ne veut plus s’endormir sans ma présence près d'elle et se réveille plusieurs fois par nuit. Je suis épuisée.
    Je vais essayer de suivre vos conseils... Merci beaucoup

  • #3

    boutet (jeudi, 24 janvier 2019 21:10)

    Bonjour
    mon fils se reveille chaque matin vers 4H30 5H. Ce ne sont pas des difficultés d'endormissement mais plutôt des troubles du sommeil, avez vous fait un article sur la sujet.
    Merci de me tenir au courant.
    Cordialement